De la haine à la laine

Je m’appelle Gislhaine. Ma route était inscrite dans l’orthographe de mon prénom.

Mon père avait mis un H après le L. Est-ce la main inconsciente du destin qui l’avait inspiré ce matin-là ? Car J’ai connu la douloureuse jeunesse qui donne tout son sens à ce H si mal placé ! Maltraitée en pension, mes visions faisaient de moi une sorcière, je n’étais que colère tant ma différence écrivait mon silence et mon isolement… Un jour, la directrice m’appela et en écrivant mon nom me dit : « regardes, tu n’es que : haine c’est écrit dans ton nom. Gisl haine »

Cette phrase m’a suivit longtemps.

Et quelque part, elle avait raison, la première partie de ma vie était bien dans la vibration du H. J’étais redoutée et redoutable dans les affaires, et pour mon entourage, j’incarnais « la réussite ».

Puis un jour, un miracle a eu lieu : « au bout de la nuit, il n’y a que le jour » disait ma grand-mère quand j’avais peur. C’est avec ma thérapeute que j’ai enlevé le H et j’ai commencé la route de la laine, Gis laine, de la douceur et de la confiance dans le temps qui passe car, à chaque saison, la laine repousse… L’abondance du cœur s’est révélé. Cette énergie chaleureuse a, depuis, nourri ma vie.

J’ignorais que l’histoire de mon prénom était la carte routière de mon âme. Quand on porte la haine en soi, on porte aussi le chemin de l’amour, car c’est son absence qui le révèle dès l’aube des premiers jours. Ainsi, le désir de la rencontre creuse dans le sillon des douleurs le chemin des beaux jours.

Après avoir été une surdouée des affaires, je suis devenue psy, sexologue, thérapeute de couple, de groupes. Mes voyages et mes rencontres ont révélé la chamane qui dormait en moi. La grand-mère aujourd’hui sourit quand on l’appelle « Gigi ». Décidément, mon nom reste l’éclaireur de ma vie car à présent il me conduit en douceur vers ici git « Gigi ».

Qui s’est allongée dans l’infini !

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