J’ai rencontré « l’émerveillement »

Ce dimanche, la vie m’a comblée. Nous avons été invités, Jean et moi, par le groupe qui organisait une « kainapi » à partager ce rituel. Dans cette tribu au destin éphémère (un week-end seulement !), j’ai créé ma roue pour recevoir cette initiation.

Je me suis mise à l’Ouest, pour avoir l’ancrage de celui qui raconte.

À l’Est : j’ai rencontré « l’émerveillement »

J’ai passé des heures à observer un ballet peu ordinaire. Trois personnes se mouvaient dans l’énergie de l’Est et ce fut une des plus belles énergies de cette direction, qui m’a été donnée de côtoyer dans ma vie.

Je n’ai pas su retenir les noms de ceux qui à leur insu m’enseigner l’harmonie sur un temps infini. Je les ai nommés dans mon cœur, fils et filles de la terre. Je suivais avec bonheur et émerveillement comment ils préparaient et ouvraient le lieu pour le rituel du lendemain ; comment ils faisaient naitre la hutte qui devait nous accueillir.

Essayer de traduire, au gré des mots cette magie qui m’a tant touchée, me semble un défi. Ils étaient légers dans leurs mouvements, dans leur façon de se déplacer, mais pourtant intensément présent, intensément enracinés. Chaque geste, chaque pas, chaque intention étaient une méditation. Bien loin d’une méditation monastique, c’était un ballet où le temps de la vie donne le tempo, où les hommes respirent à l’unisson avec l’ensemble du monde vivant.

J’ai vu pour la première fois, dans la spontanéité de la vie, trois personnes agir avec une telle harmonie, qu’ils étaient en accord avec les saules pleureurs, la rivière, la terre, le soleil… Chaque branche coupée, chaque pierre déplacée était vivante, ce n’était pas des mots, je voyais les énergies danser avec joie.

Ils n’avaient pas l’intention de faire partie du tout, ils y étaient ! Tout simplement. Des femmes et un homme, qui n’avaient jamais quitté le jardin d’Eden. Ils étaient restés inclus dans le rêve de la création. Il m’a semblé que cet état leur était très familier.

J’aspire à vivre cet état bien plus souvent. Cet état, sans cadre religieux, ni cadre méditatif, sans aucune intention conscientisée, cet état où respirer avec l’univers est devenu la façon naturelle d’être au monde.

Mon âme fougueuse et bien trop douloureuse m’éloigne trop souvent de cette intime complicité avec l’univers.

La hutte de sudation

Le Sud : le feu du chaman

L’énergie du sud s’est incarnée dans Sharuk, le Chaman. C’est une énergie sauvage, fière de s’exprimer, il évolue dans l’espace sans orgueil, mais sans modestie. Animal puissant, il porte avec joie ce qu’il est. Sa force, sa dynamique sont des parures dont il n’est pas dupe, mais avec lesquelles il aime jouer.

Étonnamment présent à lui, au monde, à l’autre, il aime entraîner le groupe tel le chef d’une meute, avec joie et amour. Son rire coquin et bienveillant révèle son goût intense de vivre.

Le Nord : le bonheur d’un monde humaniste

L’énergie du Nord appartenait à ceux qui avaient donné le jour à ce week-end de mai. C’était l’énergie des personnes du groupe et des organisateurs. Ils étaient Chiliens, Colombiens, Brésiliens, Allemands, Espagnols, Français et leur sourire, leur solidarité et leur grande simplicité étaient bonnes à goûter, à déguster.

Le langage du cœur habitait leur union, quelle image du Nord réconfortante ils nous donnaient à vivre ! J’étais émue et follement joyeuse de me trouver parmi eux avec Jeannot.

Les Épousailles au cœur de la hutte

Imaginer ce qu’ont été nos épousailles… quand Sharuk a pénétré ce lieu si humblement construit par ces trois musiciens, magiciens de l’univers.

La hutte ouverte et confiante s’est offerte à la puissance, du lynx, du guépard qui traversé Sharuk. Il était heureux d’exister dans le feu de la vie, heureux de guider, d’entraîner, d’accompagner, ce groupe aimant et bienveillant les uns pour les autres.

Notre hutte a joui avec la vie et des plaies ont guéri.

Une hutte étonnant qui a comblé mon cœur et m’a fait voyager dans la puissance d’une forte cascade et la douceur d’une ondée bien-aimée.

Les chamans font partie de la tribu ni au-dessus ni au-dessous dans le cercle.

Jamais, cette constatation ne fut aussi vraie. Pour que le rituel fût, il fallait que chacun dans son énergie spéciale, unique, apporte la « pierre » qui allait nous unir à la danse de la vie.

Merci à la vie !

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